La prévision de trésorerie à 13 semaines, soit un trimestre découpé semaine par semaine, est l'outil de pilotage le plus direct d'une PME. Elle répond à une question simple : aurons-nous assez de cash chaque semaine pour payer ce que nous devons ? À la différence du budget annuel, elle se construit à partir des flux réels attendus, et non du compte de résultat.
Pourquoi 13 semaines ?
- Assez court pour être précis : la plupart des encaissements et décaissements des trois prochains mois sont déjà connus (factures émises, commandes, échéances).
- Assez long pour agir : une tension détectée en semaine 8 laisse le temps de relancer des clients, décaler un achat ou mobiliser une ligne de crédit.
- Hebdomadaire : les creux de trésorerie se cachent souvent à l'intérieur d'un mois (échéances fiscales, paie, remboursement d'emprunt).
Les sources de données
| Flux | Source | Règle de prévision |
|---|---|---|
| Encaissements clients | Balance âgée clients, carnet de commandes | Date d'échéance corrigée du retard habituel de chaque client |
| Décaissements fournisseurs | Balance fournisseurs, commandes passées | Date d'échéance négociée |
| Paie et charges sociales | Logiciel de paie | Dates fixes du mois |
| Fiscal (TVA, impôts) | Calendrier fiscal de l'entreprise | Dates des échéances déclaratives |
| Financement | Tableaux d'amortissement | Échéances d'emprunt et de crédit-bail |
La structure du tableau
Une ligne par catégorie de flux, une colonne par semaine, et pour chaque semaine : trésorerie d'ouverture + encaissements − décaissements = trésorerie de clôture, qui devient l'ouverture de la semaine suivante. Ajoutez une ligne « seuil d'alerte » : le niveau minimal de trésorerie en dessous duquel vous voulez être prévenu.
Un exemple chiffré
Données fictives, en milliers d'euros, sur les six premières semaines (trésorerie d'ouverture : 85 k€, seuil d'alerte : 60 k€) :
| Semaine | Ouverture | Encaissements | Décaissements d'exploitation | Échéances fiscales, sociales, emprunt | Clôture |
|---|---|---|---|---|---|
| S1 | 85 | 62 | 48 | 0 | 99 |
| S2 | 99 | 40 | 52 | 0 | 87 |
| S3 | 87 | 55 | 47 | 0 | 95 |
| S4 | 95 | 38 | 61 | 18 | 54 |
| S5 | 54 | 70 | 45 | 0 | 79 |
| S6 | 79 | 44 | 58 | 0 | 65 |
La semaine 4 passe sous le seuil de 60 k€ : la paie et une échéance de 18 k€ tombent la même semaine qu'un creux d'encaissements. Sur le mois, la trésorerie semble pourtant confortable. C'est exactement ce que la vue hebdomadaire fait apparaître, quatre semaines à l'avance.
Les actions possibles : relancer en semaine 2 les clients attendus en semaine 5, négocier le décalage d'un paiement fournisseur de la semaine 4, ou mobiliser une facilité de caisse pour quelques jours.
Le rituel de mise à jour
- Chaque semaine, remplacez la semaine écoulée par le réel et ajoutez une semaine 13.
- Comparez la prévision de la semaine écoulée au réel, et notez les écarts importants (client en retard, dépense imprévue).
- Ajustez les hypothèses : un client qui paie systématiquement avec deux semaines de retard doit être prévu ainsi.
- Partagez une synthèse courte avec la direction : trésorerie la plus basse sur la période, semaine concernée, actions engagées.
Pour rédiger cette synthèse comme un commentaire de gestion, inspirez-vous de notre guide sur le commentaire de gestion pour le CODIR. Côté encaissements, les retards de vos clients se réduisent aussi en connaissant vos droits : lisez les règles des délais de paiement entre entreprises sur notre site partenaire.